• Richard

Et après?

Dernière mise à jour : 28 mars

Depuis lundi, presque deux ans jour pour jour après le début du premier confinement, les masques sont tombés.

Mesure ô combien symbolique puisqu'elle était la plus visible, même si pratiquement toutes les restrictions qui l'accompagnent ont aussi pris fin.


Et après? pourrait-on se demander. Alors que les angoisses concernant la pandémie s'éloignent (ou pas, car le virus circule toujours ce qui appelle tout de même à la prudence), les événements tragiques dans l'est de l'Europe prennent le relais pour alimenter le sentiment d'insécurité et la peur de l'avenir. Et l'on pourrait, disais-je, se demander si les masques, tous les masques, sont tombés. Et s'il y aura un "monde d'après" si différent de celui d'avant la COVID.



Car tout semble reprendre comme avant : guerre économique, conflits sociaux et conflits armés, dramatique sous-estimation de l'état de la planète, green washing à longueur de publicités de la part de nombreuses entreprises. Comme si l'humanité n'avait retenu aucune leçon de la pandémie et n'avait fait que reprendre de plus belle sa course à l'abîme.


Certes, il en est qui ont changé de vie, se sont mis au vert ou ont entrepris une reconversion professionnelle dans une activité qui avait plus de sens. Pour reprendre le beau mot d'un ancien cadre de banque devenu ébéniste, ceux-là avaient un job, ils ont maintenant un métier.


Au début de la pandémie, j'avais exprimé le sentiment d'avoir une responsabilité particulière dans l'accompagnement des gens et l'émergence du "monde d'après". Je n'ai pas été le seul: bien d'autres instructeurs de méditation ou de yoga ont eu un sentiment similaire (ma prof de yoga l'a exprimé récemment dans sa story Facebook). Les cours ont fleuri sur Internet, les livres aussi, dans tous les domaines dits de "développement personnel". On aurait pu s'en réjouir, se dire que cela allait dans la bonne direction.


Le tout n'a pas malheureusement pas été exempts de dérives commerciales dicutables. Ainsi, un fabricant dont le nom est passé dans le langage courant pour désigner tout ce qui est jetable a sorti une série de boîtes de mouchoirs "Mindfulness Collection". On ne saurait être plus clair : pour certains, la pleine conscience est une mode jetable comme une autre.


Kleenex Mindfulness? J'te prends, j'te jette?
Kleenex Mindfulness? J'te prends, j'te jette?

Eh bien je ne suis pas d'accord, et même s'il m'arrive d'être déçu par la tournure que (re)prennent les événements, je trouve des raisons d'espérer. C'est le cas lorsqu'une participante à un cycle me rappelle pour me dire que MBSR a déclenché quelque chose en elle, et qu'elle vient de finir sa formation d'instructrice MSC (Mindful Self Compassion). C'est encore le cas lorsque je vois les sourires sur les visages à la fin de la huitième et dernière séance du cycle MBSR qui vient de s'achever ce soir.


Alors oui, il y a bien un monde d'après. Ce n'est peut-être pas le grand soir ou l'aube d'une ère nouvelle, pas encore, mais les graines de conscience semées germent et poussent à leur rythme. Etant humain, il m'arrive d'éprouver un peu d'impatience, j'aimerais que nous allions plus vite vers un monde altruiste et coopératif, mais on ne tire pas sur les fleurs pour qu'elles poussent plus vite.


Comme l'enseigne la Bhagavad-Gîtâ, il me faut agir sans attachement au fruit de l'action, faire ce que je me sens appelé à faire : partager la pleine conscience avec sincérité, et c'est tout. Puis laisser faire, laisser être. Et lorsqu'un retour favorable survient, l'accueillir comme le disait le Bouddha Shakyamuni :

"Bonne est l'action qui n'amène aucun regret et dont le fruit est accueilli avec joie et sérénité."

Puisse-t-il en être ainsi.

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